Un intermédiaire d'assurance à titre accessoire doit-il suivre les 15 heures DDA ?
Réponse courte
Selon la position publiée par l'ACPR, les intermédiaires d'assurance à titre accessoire (IATA) ne sont pas soumis à l'obligation de formation continue du II de l'article L. 511-2. Mais « à titre accessoire » est une qualification juridique précise : ce n'est ni un synonyme de mandataire, ni le simple constat que l'assurance représente une petite part du chiffre d'affaires.
En pratique
Obligation. L'article L. 511-1, III définit l'IATA par trois conditions : la distribution d'assurance n'est pas son activité professionnelle principale ; il distribue uniquement des produits complétant un bien ou un service ; les produits ne couvrent pas la vie ou la responsabilité civile, sauf si cette couverture complète elle-même le bien ou le service principal.
Interprétation officielle. L'ACPR indique expressément que les IATA ne sont pas soumis à l'obligation de formation continue prévue au II de L. 511-2. Cette position doit être citée comme doctrine de l'autorité, et non reformulée comme une règle générale applicable à toute activité d'assurance dite « accessoire ».
Deuxième niveau d'exemption. L'article L. 513-1 prévoit, pour certains IATA, une dérogation plus large aux obligations du livre V. Elle suppose des conditions cumulatives tenant au risque couvert et à la prime : 600 euros par an au maximum, ou 200 euros par personne si l'assurance complète un service de trois mois ou moins. Cette dérogation concerne l'ensemble des obligations du livre V ; elle ne doit pas être confondue avec la qualification IATA elle-même.
Avant de conclure à l'exemption, il faut donc documenter l'activité principale, le lien de complémentarité avec le bien ou service, les risques couverts et, si L. 513-1 est invoqué, les plafonds de prime.
Ce que ça ne couvre pas
- Un MIA n'est pas automatiquement un IATA. « Mandataire d'intermédiaire d'assurance » décrit une catégorie d'immatriculation ; « à titre accessoire » décrit les conditions d'exercice — voir /ressources/mandataire-mia-15h.
- Une assurance vendue occasionnellement n'est pas nécessairement un produit complémentaire au sens de L. 511-1, III.
- La dérogation de L. 513-1 n'efface pas les obligations mises à la charge de l'entreprise ou de l'intermédiaire qui distribue via l'IATA : L. 513-2 impose notamment des mesures d'information et de prise en compte des exigences et besoins du client.
- Si une condition cesse d'être remplie, l'analyse du régime doit être reprise.
Base juridique
| Registre | Point | Source |
|---|---|---|
| Obligation | Définition de l'IATA | L. 511-1, III C. assurances |
| Interprétation | Absence d'assujettissement des IATA aux 15 h | Revue ACPR février 2019 ; FAQ ACPR « Intermédiaires d'assurance » |
| Obligation | Dérogation plus large sous conditions cumulatives (600 € / 200 € si service ≤ 3 mois) | L. 513-1 C. assurances |
| Obligation | Mesures restant à assurer par le distributeur via l'IATA exempté | L. 513-2 C. assurances |
Sources officielles
- L. 511-1 C. assurances (preuve) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000036920438
- Chapitre L. 511-1 à L. 511-6 (veille) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000036920446
- L. 513-1 C. assurances (preuve) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000036920484
- Chapitre L. 513-1 et suivants (veille) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006073984/LEGISCTA000006128478/
- ACPR, FAQ Intermédiaires d'assurance — https://acpr.banque-france.fr/fr/professionnels/lacpr-vous-accompagne/intermediaires/intermediaires-dassurance
Dernière vérification
8 septembre 2026. L. 511-1 et L. 513-1 relus sur Légifrance (les plafonds 600 €/200 € et les conditions cumulatives sont textuels) ; doctrine ACPR consultée le même jour. Responsabilité éditoriale : Mathieu Bourdieu.